Actualités

Que pourra-t-on faire quand le cours du Bitcoin s’effondrera ?

Frénésie sur le Bitcoin

Depuis quelques semaines, le Bitcoin se trouve au centre de l’attention du monde financier. Il faut dire que son cours est passé en 1 an de USD 1.000 à USD 14.000 et a même touché un plafond à USD 19.000. Flairant la bonne affaire, certains acteurs financiers de renom ont décidé de prendre le train en marche. Ainsi, la Chicago Board Options Exchange a récemment lancé des produits dérivés sur le Bitcoin (il s’agit en fait de contrats à terme, appelés parfois avec une certaine confusion « futures » en anglais) tandis que Goldman Sachs a annoncé étudier l’opportunité de créer un desk de trading de Bitcoin.

Bitcoin & blockchain

Le Bitcoin est en fait une monnaie virtuelle (aussi appelée crypto-monnaie), non-régulée par une banque centrale et dont le véritable intérêt réside en son utilisation d’une technologie révolutionnaire : le blockchain. Cette technologie permet de stocker et de partager un fichier central de données avec un très grand nombre d’ordinateurs, de manière à pouvoir constamment vérifier certaines informations.

Pour bien comprendre l’utilisation du blockchain dans le Bitcoin, il faut s’imaginer un réseau gigantesque d’ordinateurs qui, au même moment, effectuent les mêmes calculs. Ces derniers codent les données de payement. Si les résultats des calculs correspondent, les transactions sont validées. Par contre, si des ordinateurs obtiennent des réponses différentes, les transactions sont refusées. Les ordinateurs mis à disposition pour sécuriser les transactions sont rémunérés par la création de nouveaux Bitcoins et sont appelés des « mineurs ».

Outre un stock total limité à terme à 21 millions de Bitcoins, une des caractéristiques principales de ce moyen de payement est qu’il faut attendre en moyenne 10 minutes pour qu’une transaction soit effectivement validée. Si un tel délai peut sembler court pour un payement transfrontalier, il est en revanche assez élevé pour de petites transactions censées être rapides (courses au supermarché, restaurant, …).

Paradoxe

Actuellement, l’extrême volatilité du Bitcoin rend quasiment impossible l’utilisation en tant que monnaie. En effet, seriez-vous prêt à payer la même tasse de café €2,50 un jour, €3,80 le lendemain, puis €3,25 le surlendemain ?

Les acheteurs de Bitcoin l’utilisent en réalité pour deux raisons ; premièrement pour sa nature hautement spéculative, c’est-à-dire pour sa volatilité très élevée. Ensuite, le Bitcoin peut être considéré comme une nouvelle classe d’actif, dont l’évolution du cours est parfaitement décorrélée avec les marchés financiers. Il est important de noter que seuls l’offre et la demande de Bitcoin fixent son prix.

Comme le montrait JP Morgan dans une récente note, la volatilité du Bitcoin s’est considérablement réduite depuis 2012-2013, mais elle est également plus élevée qu’en 2015-2016. En tout état de cause, le Bitcoin a une volatilité incomparablement plus élevée que les monnaies classiques telles que l’USD, EUR, GBP.

Screen Shot 2018-01-15 at 19.43.50

Le paradoxe du Bitcoin est donc le suivant : tant que sa volatilité reste élevée, le Bitcoin ne pourra être utilisé comme moyen de payement, bien qu’il s’agisse pourtant de son seul objet. Si sa volatilité venait à diminuer, beaucoup d’investisseurs se désintéresseraient du Bitcoin et il y a fort à parier que son évolution se corrélerait d’une certaine manière avec les marchés financiers.

Pourquoi investir dans un actif extrêmement risqué qui est actuellement pratiquement inutile et qui ne deviendra utile que si son niveau de risque se réduit extrêmement?

Conclusion

Nous ne remettons pas en question la technologie sous-jacente et l’innovation que représente le Bitcoin. Nous ne remettons pas non plus en question l’intérêt du Bitcoin comme moyen de payement sécurisé et rapide. Cependant, nous pensons que le Bitcoin ne devrait pas être utilisé en tant qu’investissement. Il est en effet impossible de donner une valeur au Bitcoin. Un Bitcoin ne génère rien en soi (ni dividendes ni intérêts) et ne confère aucun droit réel. Il est impossible de savoir si une autre crypto-monnaie supplantera finalement le Bitcoin et il nous paraît absurde de l’utiliser pour autre chose que sa fonction primaire : payer.

Certains diront que le Bitcoin, à l’instar de l’or, est une réserve de valeur. Ceci est inexact car l’or peut être utilisé de différentes manières : bijoux ou objets d’art, composantes pour ordinateur, etc. Le Bitcoin, en revanche, ne possède aucune autre utilité.

Enfin, si la monnaie constitue une créance sur une banque centrale, le Bitcoin est donc, au pire une créance sans contrepartie, au mieux une créance sur une système non-régulé. Le jour où le Bitcoin s’effondrera, il n’y aura donc aucune contrevaleur à mobiliser pour rembourser les investisseurs.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à contacter guillaume dasnoy@deminor.com.

Services liés

Gouvernance et questions actionnariales Service

Gouvernance et questions actionnariales

Participation minoritaire Service

Participation minoritaire

Transmission et reprise d’entreprise Service

Transmission et reprise d’entreprise

Sociétés cotées Service

Sociétés cotées