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Faut-il avoir peur de la volatilité ?

Introduction :

La volatilité a refait son apparition sur les marchés financiers, après 6 années de calme presque plat, à peine troublés par ce que l’on a appelé avec une certaine exagération la « crise chinoise » de l’été 2015 ou par le Brexit. Début février, le célèbre indice VIX, surnommé l’ « indice de la peur », est brièvement monté en flèche et a touché un niveau atteint seulement 5 fois au cours des 25 dernières années.

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La volatilité en théorie :

En théorie financière, le rendement d’une action suit approximativement une courbe de Gauss, centrée sur un rendement nul. Ainsi, son espérance de gain est approximativement nulle, la volatilité déterminant simplement la courbure de la « cloche », c’est-à-dire la probabilité d’avoir des valeurs dites « extrêmes ».

 

La volatilité au pays de l’oncle Sam :

Aux Etats-Unis, la volatilité est souvent mesurée au moyen de l’indice VIX. Celui-ci mesure en fait la volatilité implicite des options émises sur les entreprises faisant partie de l’indice américain S&P 500. Il s’agit d’une volatilité calculée sur base annuelle et peut s’interpréter comme la variation de cours maximum (positive ou négative) que devrait subir le S&P 500 au cours des douze prochains mois avec une probabilité de 68%.

Actuellement, le VIX se trouve à un niveau d’à peu près 20% alors qu’avant le 5 février, il se situait aux environs de 10%, un niveau historiquement bas. Ce jour-là, le VIX a même brièvement dépassé les 50%. Ce niveau était comparable à celui de 2011 lors de la crise de la dette grecque, mais reste bien inférieur aux niveaux connus en 2008-2009.

 

La volatilité en Belgique :

A défaut d’indice comparable pour la Belgique, nous avons analysé la volatilité historique du Bel 20 ainsi que de ses composantes. Au cours des douze derniers mois, notre analyse montre que la volatilité annuelle du Bel 20 était de 10.4%, soit un niveau assez similaire à celui des indices américains avant le 5 février.

Il est intéressant de constater que les entreprises du Bel 20, prises séparément, font état, en moyenne, d’une volatilité de 18.6%. Ceci est beaucoup plus élevé que la volatilité du Bel 20 et montre donc qu’un phénomène de diversification existe au sein de l’indice. Effectivement, les volatilités des composantes du Bel 20 se compensent en partie de sorte que l’indice est en fait moins risqué, moins volatile, que ses composantes individuelles. On peut également remarquer que les 3 entreprises les moins volatiles du Bel 20 sont une Société Immobilière Réglementée (Cofinimmo) et deux holdings (GBL et Sofina), c’est-à-dire des sociétés actives dans l’immobilier – beaucoup moins risqué – ou déjà fortement diversifiées.

 

La volatilité, un véritable problème ?

Si l’on reprend la définition donnée précédemment, la volatilité est la probabilité d’avoir des valeurs extrêmes, éloignées du rendement de référence, c’est-à-dire zéro. Une volatilité plus forte signifie donc une plus grand probabilité de valeur extrêmes, mais ne signifie en aucun cas une espérance de bénéfices ou de pertes plus importants. L’espérance reste effectivement nulle. En outre, les valeurs extrêmes sont tant positives que négatives, ce qui implique un risque de perte plus importante pour un investisseur, mais également des chances de gain plus élevé.

Ensuite, il convient, de distinguer la durée d’une phase de volatilité. Si la volatilité est de courte durée, c’est-à-dire un choc, elle ne devrait pas poser trop de soucis à un investisseur. Seule la volatilité à plus long terme pourrait en réalité devenir une menace. Lors du pic de volatilité que nous avons connu en février, le 6/2, le Bel 20 a cédé 2,56% mais a récupéré 2,42% le lendemain. Un investisseur qui aurait investi dans le Bel 20 au cours de clôture le 5/2 (3.997,6 points), qui serait parti 48h sur une île déserte et aurait décidé de revendre sa position au cours de clôture le 7/2 (3.991,9 points) n’aurait finalement enregistré une perte que de 0,14%.

En tout état de cause, la volatilité offre la possibilité d’entrer à des cours plus avantageux, à condition d’avoir les nerfs solides. Deux semaines après le Brexit, l’action KBC avait plongé de 25%. Il lui aura fallu un bon mois pour récupérer le niveau pré-Brexit, qu’elle a depuis lors fortement dépassé.

 

Dompter la volatilité

Si la volatilité n’est pas nécessairement mauvaise, elle provoque toutefois une certaine dose de crainte et d’irrationnalité qu’un investisseur doit savoir maîtriser. Voici donc trois conseils pour passer les chocs de volatilité avec une plus grande sérénité.

Tout d’abord, n’oubliez pas de diversifier votre portefeuille entre secteurs, géographie et monnaies car un portefeuille bien construit résistera mieux. Notre exemple sur le Bel 20 est assez évocateur à cet égard. Détenir le Bel 20 est 1,8x moins risqué que la moyenne de ses composantes. Harry Markowitz a par ailleurs montré qu’un portefeuille diversifié peut obtenir un rendement plus élevé tout en réduisant sa volatilité.

Ensuite, il faut envisager les choses à plus long terme. En prolongeant son horizon d’investissement, un investisseur immunise la valeur de son investissement aux chocs de volatilité. Seule la spéculation court un risque accru dû à la volatilité. En outre, à long terme, la volatilité finit toujours par retomber, comme le suggère notre graphique sur le VIX.

Enfin (et il s’agit sans doute du conseil le plus compliqué) adoptez une attitude stoïque face aux variations de cours journalières.

Pour de plus amples informations à ce sujet, n’hésitez pas à contacter guillaume.dasnoy@deminor.com.

 

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