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Deminor et L’Echo ont organisé pour la cinquième année consécutive une grande enquête à laquelle ont participé 4.500 actionnaires de sociétés cotées.

L’étude aborde différents sujets, dont l’impact de la taxe sur les comptes-titres sur le comportement des investisseurs, la volatilité du marché, la récente vague d’acquisitions à la Bourse de Bruxelles, la distribution de dividendes et les crypto-monnaies. Ce qui surprend, c’est que 62 % des participants se considèrent comme étant des investisseurs actifs, avec plus de 10 transactions par an. L’on peut également noter un nombre relativement plus élevé d’investisseurs masculins néerlandophones parmi les participants, qui sont âgés de plus de 45 ans et sont plus actifs.

L’introduction de la taxe sur les comptes-titres, soit une taxe de 0,15 % sur la valeur totale du portefeuille, influence le comportement d’investissement de 20 % des participants. La majorité d’entre eux cherchent refuge dans d’autres investissements. Ainsi, le produit de la vente de leurs actions est placé sur des comptes d’épargne ou investi dans l’immobilier physique, ce qui fait grimper le prix de l’immobilier. Vingt pourcent d’entre eux indiquent avoir converti leurs actions en actions nominatives qui ne sont pas soumises à l’impôt. D’autres sont à la recherche d’investissements alternatifs comme l’or et les bijoux. Si un investisseur interrogé sur cinq trouve la taxe acceptable, la plupart espère toutefois qu’elle sera bientôt supprimée, comme la taxe sur la spéculation. La moitié d’entre eux craignent que la taxe sur les compte-titres n’ouvre la voie à d’autres taxes similaires.

Si un investisseur interrogé sur cinq trouve la taxe acceptable, la plupart espère toutefois qu'elle sera bientôt supprimée, comme la taxe sur la spéculation.

La hausse du précompte mobilier à 30 % sur les dividendes est également une épine dans le pied de nombreux investisseurs, surtout en comparaison avec les pays voisins où le précompte a été considérablement réduit ou supprimé. Seul un dixième des participants considère que ce taux de précompte est viable à long terme. L’on peut cependant se réjouir de l’exonération par le gouvernement Michel de la somme de 640 euros de dividendes, ce qui encourage 30 % des participants à acheter davantage d’actions à dividende. Cela attire également de nombreux nouveaux investisseurs, plus petits, vers la bourse.

Les importantes fluctuations de cours depuis février n’ont pas effrayé les répondants. Si seulement 11 % des actionnaires ont paniqué et ont vendu leurs actions, 29 % des répondants y ont vu des opportunités d’achat.

Les tensions géopolitiques entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine ont un impact majeur sur le comportement d’investissement de quatre participants sur dix alors qu’ils n’étaient que 25 % l’an dernier. Les participants francophones sont significativement plus sensibles à ces tensions qui influencent le comportement de la moitié d’entre eux. Ici aussi, le cash, l’immobilier et l’or sont des alternatives attrayantes. Contrairement au passé, les obligations d’État ont quant à elles perdu de leur popularité.

Les importantes fluctuations de cours depuis février n’ont pas effrayé les répondants.

La Bourse de Bruxelles a connu récemment une vague d’acquisitions. Quatre sociétés cotées ont fait l’objet d’une offre : Tigenix, Ablynx, Vastned Retail Belgium ainsi que RealDolmen. Alors que 40 % des participants sont favorables à ces offres et estiment que les primes sont attrayantes, 46 % sont plutôt négatifs face à ces acquisitions. En particulier, les investisseurs plus âgés et moins actifs considèrent l’ancrage des entreprises belges et leur croissance indépendante comme étant bénéfiques. Les petits actionnaires sont donc désireux de prendre part aux augmentations de capital et sont mécontents s’ils ne peuvent pas y participer.

Les investisseurs belges sont très favorables aux dividendes. Par conséquent, 37 % des personnes interrogées préfèrent la distribution de dividendes au rachat d’actions propres, auquel seuls 24 % sont favorables. Un problème se pose toutefois : pour que des dividendes soient distribués, les actionnaires doivent être présents pour voter en ce sens. Pouvoir assister aux assemblées générales via internet intéresserait plus de la moitié des participants, allant même jusqu’au trois quarts parmi les jeunes participants. L’instauration du droit de vote double déplaît à la moitié des répondants qui lui préfère le principe « une action, une voix ». Notons toutefois que les femmes et les jeunes investisseurs y sont moins opposés et y voient même certains avantages. Le droit de vote double pourrait par exemple encourager plus de sociétés familiales à entrer en bourse tout en gardant le contrôle de leur entreprise en termes de droit de vote.

Enfin, les crypto-monnaies sont particulièrement populaires auprès des investisseurs jeunes, masculins et néerlandophones. La moitié des investisseurs de moins de 45 ans estiment d’ailleurs que les crypto-devises ont leur place dans notre système monétaire. Dans l’ensemble, les investissements dans les crypto-monnaies restent toutefois limités.

 

En conclusion, nous avons vu que la volatilité du marché n’a pas eu d’impact négatif sur le comportement des investisseurs, contrairement aux récentes tensions géopolitiques. La taxe sur les comptes-titres et le précompte mobilier de 30 % n’ont quant à eux pas été bien accueillis, par opposition à l’exonération fiscale des 640 euros. De nombreux investisseurs sont partants pour participer aux augmentations de capital et sont donc réticents au rachat d’actions propres. Les crypto-monnaies, de leur côté, sont moins populaires auprès des participants plus âgés. Ceux-ci sont également plus négatifs à l’égard des nombreuses OPA sur la Bourse de Bruxelles. De manière générale, le comportement des investisseurs diffère beaucoup selon la tranche d’âge à laquelle ils appartienne. Les jeunes investisseurs sont plus favorables aux réformes mais disposent souvent de moins de capital, là où les investisseurs plus âgés sont plus actifs sur le marché mais moins ouverts au changement.

 

Si vous avez des questions ou si vous souhaitez obtenir de plus amples informations à ce sujet, n’hésitez pas à contacter Louis Lannoy (Louis.lannoy@deminor.com)

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